Pura Fe’

Le Rouge et le Noir sur fond Blues !

Pura Fe’ est une artiste du label américain Music Maker. Trois de ses titres étaient présents dans l’album « MUSIC MAKER – The Lost And Last Blues Survivors » qui a reçu de multiples récompenses (Prix de l’académie du jazz 2005 – Choc Jazzman 2005…). Elle figurait également dans le sampler Dixiefrog du 20ème anniversaire en deuxième titre entre Eric Bibb (qui l’apprécie beaucoup et qui aimerait écrire pour elle) et Taj Mahal qui dit d’elle « Entre sa voix céleste et son sens du rythme, voici une chanteuse qui transcende les siècles en portant le message de nos ancêtres, qui ont planté cette graine magnifique, et dont le fruit est une musique puissante. » Pura Fe’ (« foi pure » en espagnol) a été baptisée ainsi par son père, chanteur d’origine portoricaine. Elle est née en 1959 à New York et a été élevée par sa mère, indienne Tuscarora (mêlée de sang noir et irlandais, expérience commune à un grand nombre de tribus du Sud et de l’Est qui ont également subi l’esclavage et la déportation), cantatrice de formation classique et qui chanta au sein du Duke Ellington Orchestra.

Chanteuse/auteur/compositeur, poète, danseuse, actrice, enseignante et militante, Pura Fe’ est l’un des membres fondateurs du célèbre trio vocal amerindien Ulali qu’elle a quitté récemment pour mener une carrière solo. « Tuscarora Nation Blues » est un mariage heureux entre Blues, Musique Traditionnelle Indienne de Caroline du Nord et Folk Song. Il émane de ce premier album un parfum de simplicité, d’authenticité et de dignité, presque de spiritualité. La voix pleine d’émotion de PURA FE’ et son jeu de guitare acoustique lap steel (guitare slide jouée à plat sur les genoux) nous transmet le message ancestral du Monde Indigène et nous raconte comment l’histoire unit les noirs et les indiens dans le Sud : « Ma nation a été systématiquement dédaignée. La plupart des gens ignorent complètement notre contribution au développement de la culture du sud des Etats-Unis. Les formes les plus anciennes du Blues sont originaires d’Afrique mais également du continent américain. On les trouve encore dans les chants et les danses traditionnelles des communautés amerindiennes des Nations Tribales du Sud-Est.

Les « Stomp Dances » et leurs chants préexistaient à l’arrivée des européens et des africains, et annonçaient déjà le mouvement et les modulations du Blues. De même, les gammes et les rythmes shuffle que l’on y trouve sont identiques à ceux du Blues. Les esclaves noirs en fuite (les « marrons ») ont trouvé aide et réconfort chez les Indiens et circulaient d’une réserve à une autre pour tenter de gagner le Canada. Des liens profonds furent alors tissés socialement et musicalement et beaucoup d’artistes contemporains revendiquent à juste titre cette double appartenance : Charlie Patton (le premier roi du Delta était un indien Choctaw), Duke Ellington, Jimi Hendrix, Little Richard, Tina Turner, Muddy Waters, Chaka Kahn, Don Cherry, Charles Mingus, The Neville Brothers, Taj Mahal, Thelonious Monk (parent de ma mère) et bien d’autres… Beaucoup de musiciens voient les origines du Blues dans leur héritage africain sans se douter de la mixité de ces origines à la fois ethniques et musicales, et sans connaître l’importance de la contribution amerindienne à la musique. La culture des tribus du Sud-Est a été incorporée dans la culture afro-americaine à un tel point qu’il est difficile de les séparer.

Indiens et Africains travaillaient côte à côte, et leurs modes de vie respectifs se perdaient sous le joug colonial. Tous les Indiens de l’est du Mississippi furent déportés vers l’ouest et le nord, ou vendus comme esclaves. Les seuls survivant furent ceux qui se cachèrent et abandonnèrent leur identité tribale.

C’est ma passion pour mon histoire et mon peuple, et le fait que j’étais consciente de ma triple hérédité maternelle, Tuscarora, Nigérienne et Irlandaise, qui m’a donné envie d’en savoir plus. Il faut que cette histoire soit contée… Hallelujah… pour le Rouge et le Noir sur fond Blues ! »

DISCOGRAPHIE